Il se pourrait que mes souvenirs jouent des tours, et que les Crûques que j'expose ne soient pas exactement les Crûques que j'avais à cette époque. Il se pourrait aussi que j'oublie certains de mes Crûques, mais l'évolution des croyances est l'histoire de toute une vie. Et ce serait bien long que d'exposer de long en large toutes mes réflexions passées (même uniquement celles dont je me souviens).
Voici donc mes Crûques.
Je crûque à beaucoup de choses. Comme tous les enfants, j'aimais les fées, les magiciens, les créatures magiques tels que les dragons, les dragons asiatiques, les phoenix, les licornes, et je n'aimais pas les sorciers, les monstres, les requins (à cause des Dents de la Mer :D), les serpents...mais quant à y croire, ce n'est pas qu'y croyais ou n'y croyais pas, c'est que comme tous les enfants, j'aimais bien y croire, j'aimerais bien voler dans les airs comme Peter Pan...mais je n'y arrive que dans mes rêves lol
Idem pour les pouvoir magiques (qui n'a pas rêvé d'être Superman un moment dans sa vie?).
J'ai crûque aussi au Père Noël. Quand j'avais découvert qui était en fait le vrai Père Noël qui apportait des cadeaux sous le sapin pendant que j'étais endormi, et ce même si je n'étais pas sage (hum), cela ne m'avait pas vraiment choqué, mais j'étais au contraire très touché de l'amour que nous témoignaient mes parents, à moi et à ma sœur.
Je crûque aux esprits des ancêtres, au Génie du Foyer qui surveillait les faits et gestes de notre maison, et qui chaque année, peu avant le Nouvel An vietnamien, en faisait le rapport à l'Empereur du Ciel. Je crûque que l'esprit de ma grand-mère veillait sur nous, et qu'elle serait bien navrée d'avoir affaire à des enfants aussi dissipés, égoïstes et paresseux comme moi (en espérant que ma soeur et mes cousins soient plus sages pour compenser lol). J'ai crûque un moment que ma grand-mère aurait réincarné dans le corps de mon cousin, né peu après sa disparition.
Je crûque qu'il devrait sûrement y avoir un Dieu, comme on me le racontait à l'école. Un Dieu qui nous aime avec Jésus son fils qui est venu répandre la Bonne Nouvelle à nous tous. Je me demandais s'il n'avait pas une quelconque parenté avec le Bouddha de la pagode.
Je crûque que tous les religions mènent à Dieu. On parlait beaucoup des miracles de Jésus ou de Marie ou de n'importe quel saint sur les chrétiens aujourd'hui (Lourdes par exemple), mais on m'a aussi parlé que la bodhisattva de la compassion Guan Yin (Quan Âm pour les Vietnamiens) avait sauvé un embarcation de Boat People qui avaient prié pour qu'elle les secoure. Je me suis dit que le Dieu auquel on croit n'est qu'une image qu'on projette sur lui, et qu'en réalité, son image est tout à fait différent, mais qu'il se présente à tous les hommes qui, par leur culture, le perçoivent de manière différente. Je crûque donc que toutes les religions se valent et que l'on n'en choisit une que pour ses préférences et affinités.
Je me suis dit que beaucoup de religieux se trompent quant à l'enseignement du Christ. Et beaucoup d'entre eux prononcent le nom de Dieu en vain, c'est-à-dire qu'ils le prononce pour faire la guerre, les croisades et pour convertir les gens de force. Je pensais alors que c'était la mauvaise compréhension des enseignements de leur religion ou plutôt le fait d'en profiter qui les ont rendu mauvais.
Je me posais alors la question du pourquoi on devrait se convertir à la religion du Christ pour espérer la résurrection. Est-ce que Dieu, s'il nous aime, ne nous ressusciterait-il pas tous, ou du moins tous ceux qui sont bons, quel que soit leur religion? Le deuxième des 10 Commandements me dérangeait : "Tu n'adorerais pas d'autres idoles que moi." Pourquoi un Dieu aimant se soucierait-il du fait qu'on l'aime/l'adore ou que ne l'aime/l'adore pas? Son amour ne devrait-il pas dépasser tous les frontières et englober tout l'univers, hommes, animaux, plantes, et matière? Pourquoi dit-il qu'il confie la Terre à l'homme, comme si cette Terre lui est devenu un legs et non une part du tout dont l'être humain lui-même fait partie, sans lui être supérieur, ni inférieur? Pourquoi donc lance-t-il tant de châtiments contre les hommes, alors que l'amour devrait être sans limite (aimer les ennemis, comme Jésus le dit), pourquoi Dieu fait-il ça alors que tout puissant, il pourrait créer l'être humain parfait depuis le début. Car le problème, ce n'était pas le fait qu'Eve ait mangé la pomme, mais plutôt que Dieu a créé le désir dans le coeur des hommes lors de leur création, car, s'il n'y avait pas de désir, alors Eve n'aurait jamais mangé la pomme. Ce n'était pas le libre-arbitre qui avait guidé le choix d'Eve, mais son désir d'être comme Dieu.
Enfin, pourquoi se convertir à la religion du Christ simplement parce qu'on ressuscitera avec le Christ, et qu'on ignore de là que devenir une bonne personne est un fin, plutôt qu'un moyen pour avoir la vie éternelle. N'est-ce pas une sorte de recherche de récompense, et de là une chose qui n'est pas un acte d'amour?
D'un autre côté, j'ai reçu l'éducation de mes parents, et de mon père en particulier. Sans que je le sache à cette époque, il m'avait introduit aux pensées de Krishnamurti, et aussi un peu de Bouddha. Je les trouvais d'une immense sagesse. Mais il fallut attendre un travail d'école sur les religions pour que je me procure à la pagode d'un petit recueil sur la vie de Bouddha.
A la fin de cette lecture, je trouvais vraiment que Bouddha était une personne pleine de sagesse et de bonté. Jésus dit qu'il est difficile pour un riche de suivre son chemin, mais Bouddha était autrefois un prince qui vivait dans le luxe total, mais il avait malgré tout renoncé à tout cela pour trouver une solution à la misère du monde. Cela demandait une plus grande force que ce que Jésus avait fait, puisque lui, il était déjà pauvre.
Je trouvais aussi Bouddha infiniment plus sage, quand, à une femme qui voulait qu'il ressuscite son enfant, lui demandais de prendre quelque chose qui provient d'une maison où il n'y a jamais eu de mort. La femme était revenue bredouille, car elle n'avait pas trouvé de maison où il n'y a pas de mort. La mort est omniprésente, et que la meilleure chose à faire était de l'accepter et non d'espérer une vie éternelle ou la résurrection. Bouddha était plus sage que Jésus qui, à la place, avait ressuscité Lazare, du moins, c'est ce que je pense (remarquez le temps que j'utilise pour cette phrase). De plus, Bouddha ne passait pas son temps à faire des miracles pour impressionner les gens (bien que selon la légende, il en aurait fait quelques-uns), et ses Quatre Vérités et sa voie du Juste Milieu me semblaient fort justes, même si je commençais à avoir des doutes quant à la réincarnation.
Mais plus tard, je crûque que toutes les belles phrases des religions ne servaient à rien, car les plus pacifiques sont persécutés et tués, et les moins pacifiques sont les meilleurs instruments à faire la guerre, les conquêtes, la colonisation. Que les plus grandes sont celles qui proposent les recettes les plus faciles à suivre, mais le chemin le plus facile (et le plus compliqué à cause de la lourdeur des dogmes) est rarement le meilleur. Je pensais que les grandes révolutions qui permettraient à un monde plus égal, plus juste, plus heureux étaient la solution. Mais que l'être humain n'est pas prêt pour cela et que donc, on ne se contente que d'un monde médiocre et injuste.
En apprenant un peu plus du comment fonctionne la nature, je croyais de moins en moins aux miracles, mais surtout à l'interprétation que les religions se font des miracles, et qu'on pourrait peut-être mieux les expliquer par la science. Malgré tout, je pensais qu'il peut toujours exister un quelque chose, que tous les arts humains ne pourraient réussir à comprendre. Quelque chose qui se situerait au-delà de toute notre connaissance.
Quant à Dieu? J'avais longtemps fait ma conclusion après avoir été introduit au bouddhisme.
Si Dieu existe et qu'il est bon, alors mieux vaut s'efforcer à être bon (pas facile) qu'adhérer à un club où pas mal de monde ne suit pas vraiment les enseignements qui visent à la bonté, mais y adhèrent surtout pour adhérer à un club. Si Dieu n'existe pas, alors le plus important c'est d'être bon pour ce qui nous entoure. Le bonheur du monde présent est beaucoup plus important qu'espérer vivre éternellement (espérance futile car germe d'égoïsme et de récompense, et donc peur du châtiment (enfer)). Si Dieu existe et qu'il est mauvais, alors mieux vaut vivre dans la droiture et se rebeller contre lui (même si c'est peine perdue) et donc vivre profondément dans ses convictions, car œuvrer pour une humanité heureuse est plus noble que d'obéir à un Dieu qui nous veut du mal.
Et si Dieu existe est qu'il n'est ni bon, ni mauvais, ou bon et mauvais, on aucun des éventualités que j'ai exposé, alors, ça doit être un principe Tao, est que donc, la meilleure manière c'est d'adopter la voie du milieu, et donc, s'efforcer d'être bon.
Finalement, que Dieu existe ou non, même conclusion. On peut dire que j'étais devenu agnostique si l'on veut, même si je trouve que cela ne me convient pas.
C'était un exposé de mes Crûques (un peu long, sorry, et peu structuré).
Dans le prochain épisode, j’exposerai mes Croiques.

5 commentaires:
J'ai remarqué que l'exposé de mes Crûques est quelque peu long et brouillon. Je vais peut-être faire comme grumpythedwarf : faire petit à petit ;)
Ok, à votre aise...
"Chi va piano, va lontano". Vous avez raison, Yoke.
J'en conclus que un croique n'est jamais monolithique, il varie au cours du temps, et même, il ne peut être que multiple au risque de se figer en une bête croyance, ce que nous voulons éviter.
Un croique ne peut en aucun cas se rabaisser au vil rang de croyance.
Je préconise donc que l'on n'utilise plus le croique qu'au pluriel, par Toutatis.
Bien d'accord avec vous...
Le croique avec un S est plus logique...
Mais "Croiques" fait un peu bizarre, non ?
Je ne sais pas ! On peut peut-être dire dans la définition que le mot croique est un adjectif invariable ?
Qu'en pensez-vous ?
Si vous arguments sont convaincants, je m'empresserais d'ajouter un S au nom du blog ;-)
Bien à vous,
Super votre idée d'adjectif invariable pour le croique. Au fil des ans, ce sera repris dans le petit Robert. On peut même créer un adverbe: croiquement...huuuum, un peu lourd quand même.
Enfin, c'est vous qui voyez, comme dirait Laspalès....
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